Relations publiques : à quoi elles servent, et où les placer face à la publicité et au contenu

Les relations publiques souffrent d’un double malentendu. On les confond avec les relations presse, et on ne voit pas bien ce qu’elles apportent qu’une campagne de publicité ne donnerait pas. Résultat, beaucoup d’entreprises soit les négligent, soit y mettent un budget sans savoir ce qu’elles en attendent. Leur rôle est pourtant précis, et unique parmi les leviers de communication : construire une crédibilité qu’on ne peut pas acheter. Encore faut-il savoir où elles se placent, et ce qu’elles font mieux que le reste.

Relations publiques, relations presse : ce n’est pas la même chose

La confusion la plus courante mérite d’être levée d’entrée. Les relations publiques désignent l’ensemble des relations qu’une entreprise entretient avec ses différents publics : ses clients, ses partenaires, les institutions, les médias, parfois ses propres salariés. C’est une discipline large, qui vise à gérer une réputation et à entretenir des relations d’influence.

Les relations presse en sont un canal — le plus visible, celui qui s’adresse aux journalistes pour obtenir des retombées dans les médias. Elles sont donc un sous-ensemble des relations publiques, pas leur synonyme. On peut faire des relations publiques sans presse (un événement partenaires, une prise de parole institutionnelle) et, pour une entreprise, les relations presse restent le canal le plus opérationnel des RP. Retenez la hiérarchie : les relations publiques englobent, la presse exécute une partie.

Relations publiques ≠ relations presse

  • Relations publiques — la discipline large : gérer sa réputation et ses relations avec tous ses publics.
  • Relations presse — un canal des RP, celui qui vise les journalistes. Un sous-ensemble, pas un synonyme.
  • À retenir — les RP englobent, la presse exécute une partie.

Le triptyque de la communication : mérité, payé, possédé

Pour situer les relations publiques, le plus clair est de les replacer dans les trois grandes familles de visibilité. Chaque famille a une logique propre, et aucune ne remplace les autres.

Les trois familles de visibilité
Famille Ce que c’est Sa force, sa limite
Payé (publicité) Vous payez chaque exposition, vous choisissez le message Contrôle total ; s’arrête dès qu’on coupe, et le public sait que c’est vous
Possédé (site, contenus) Vos propres supports, votre audience Durable et sans coût par vue ; mais c’est vous qui parlez de vous
Mérité (relations publiques) Un tiers parle de vous — journaliste, pair, client La crédibilité d’une parole tierce ; en échange, aucun contrôle du message

Aucune famille ne remplace les autres : un dispositif solide les combine selon l’objectif. Les relations publiques occupent la case « mérité », la seule qui ne s’achète pas directement.

Le mérité, ce sont les relations publiques : un journaliste, un pair, un client parle de vous. Vous ne contrôlez pas le message, et vous ne pouvez pas l’acheter directement. En échange de cette perte de contrôle, vous gagnez ce que ni la publicité ni vos contenus ne produisent : la crédibilité d’une parole qui n’est pas la vôtre.

Ce que les relations publiques apportent que le reste n’apporte pas

Trois bénéfices sont propres aux relations publiques, et expliquent pourquoi elles gardent une place malgré leur imprévisibilité.

Deux personnes en conversation, la crédibilité d'une parole tierce
Le cœur des relations publiques : obtenir qu’un tiers parle de vous. Une parole qu’on ne contrôle pas, mais qui porte parce qu’elle n’est pas la vôtre. Photo : Priscilla Du Preez / Unsplash

La crédibilité du tiers, d’abord. Être recommandé par quelqu’un qui n’est pas payé pour le faire vaut bien plus que se recommander soi-même. Un article de journaliste, une mention par un expert reconnu portent un poids qu’un encart publicitaire n’a pas, précisément parce qu’ils échappent à votre contrôle.

La réputation dans la durée, ensuite. Les relations publiques ne produisent pas un pic de ventes le lendemain ; elles construisent, mois après mois, une image et une place dans l’esprit de vos publics. C’est un capital lent, mais qui résiste.

L’influence enfin : être présent dans les conversations de son secteur, cité quand on parle de votre sujet, invité quand on cherche un avis. Cette présence-là ne s’achète pas au clic ; elle se gagne par la constance et la pertinence.

Ce qu’elles ne font pas, et le bon levier à la place

Attendre des relations publiques ce qu’elles ne savent pas faire est le meilleur moyen d’être déçu et de conclure, à tort, qu’elles ne servent à rien.

Elles ne vendent pas dans l’instant. Si votre besoin est un résultat commercial rapide — remplir un carnet de commandes ce mois-ci, écouler un stock —, c’est la publicité qu’il vous faut, avec son trafic immédiat et son ciblage. Les RP travaillent en amont de la vente, sur la confiance ; elles ne la déclenchent pas sur commande.

N’attendez pas des RP une vente demain

Les relations publiques agissent sur la confiance, pas sur le tiroir-caisse du mois. Pour un résultat commercial immédiat, c’est la publicité ; pour nourrir le sujet dont un tiers pourra parler, c’est le contenu. Confondre les rôles mène à juger les RP sur un critère qui n’est pas le leur — et à les enterrer à tort.

Elles n’inventent pas non plus d’histoire. Une entreprise sans actualité, sans angle, sans rien de neuf à dire n’intéressera aucun tiers, quel que soit le budget. Dans ce cas, c’est le contenu qu’il faut travailler d’abord : construire une matière, une expertise visible, avant d’espérer qu’on en parle. Les RP amplifient une histoire ; elles n’en créent pas à partir de rien.

Quand investir dans les relations publiques

Les relations publiques valent l’investissement dans trois situations. Quand la crédibilité est votre frein : un marché méfiant, une offre nouvelle qu’il faut légitimer, un secteur où la réputation décide des achats. Quand vous avez une histoire à raconter : une innovation, une prise de position, une expertise réelle qui mérite d’être entendue. Et quand vous jouez le long terme, prêt à construire une image plutôt qu’à chercher un pic.

À l’inverse, si votre besoin est immédiat, ou si vous n’avez encore rien à dire, un autre levier rendra davantage, plus vite. Le bon réflexe n’est pas de choisir les RP par principe, mais de les choisir quand c’est de crédibilité que vous manquez.

Passer à l’action : les relations presse

Une fois décidé que les relations publiques ont leur place chez vous, le canal presse est le plus concret pour une entreprise : obtenir que des médias parlent de vous. Choisir une agence spécialisée, comprendre ce que ça coûte et comment mesurer les retombées est un sujet à part entière, que nous avons détaillé dans notre guide des relations presse. C’est là que la discipline devient opération.

Quelle différence entre relations publiques et relations presse ?

Les relations publiques sont la discipline large : gérer sa réputation et ses relations avec tous ses publics (clients, partenaires, institutions, médias, salariés). Les relations presse en sont un canal, celui qui vise les journalistes. Les RP englobent, la presse exécute une partie.

À quoi servent les relations publiques ?

À construire une crédibilité qu’on ne peut pas acheter : quand un tiers parle de vous, sa parole porte plus que la vôtre. Elles apportent de la réputation dans la durée et de l’influence dans son secteur — pas une vente immédiate.

Relations publiques ou publicité : quelle différence de rôle ?

La publicité est du « payé » : vous contrôlez le message et payez chaque exposition, pour un résultat rapide qui s’arrête quand vous coupez. Les RP sont du « mérité » : vous ne contrôlez pas le message, mais il gagne la crédibilité d’une parole tierce. L’une déclenche, l’autre installe la confiance.

Quand investir dans les relations publiques ?

Quand la crédibilité est votre frein (marché méfiant, offre à légitimer), quand vous avez une histoire à raconter, et quand vous jouez le long terme. Si le besoin est immédiat ou que vous n’avez rien de neuf à dire, un autre levier rendra plus vite.

Le bon levier quand c’est la crédibilité qui manque

Les relations publiques ne sont pas les relations presse — elles les englobent —, et elles ne remplacent ni la publicité ni le contenu : elles apportent ce que ni l’une ni l’autre ne peuvent produire, la crédibilité d’un tiers qui parle de vous. Situez-les dans le triptyque mérité, payé, possédé, attendez-en de la réputation et de l’influence plutôt qu’une vente immédiate, et investissez-y quand la confiance est votre vrai frein. Pour passer à l’exécution côté presse, le guide dédié prend le relais.