Votre marque copiée sur une place de marché, un produit cloné à bas prix, un visuel repris sans autorisation : la contrefaçon ne frappe pas que les grandes maisons, les petites entreprises y sont exposées aussi. Réagir est un droit, mais toute copie ne justifie pas un procès. Savoir reconnaître une vraie contrefaçon, connaître les étapes d’une action et leur coût — les honoraires, mais aussi la preuve —, et distinguer les cas où une simple mise en demeure suffit, vous évite de dépenser gros pour un enjeu faible, ou d’ignorer une atteinte qui, elle, vous coûte des ventes.
Ce que protège, ou non, une action en contrefaçon
La contrefaçon, au sens juridique, est l’atteinte à un droit de propriété intellectuelle que vous détenez. Encore faut-il détenir ce droit. Une marque déposée protège votre nom et votre logo ; un brevet, une invention technique ; un dessin ou modèle, l’apparence d’un produit ; le droit d’auteur, une création originale — un texte, un visuel, un logiciel. Copier l’un de ces éléments protégés, c’est une contrefaçon, et cela ouvre une action.
Attention à ne pas tout confondre. Si un concurrent imite votre style commercial, détourne votre clientèle ou crée la confusion sans copier un droit précis que vous avez déposé, on est souvent sur le terrain de la concurrence déloyale, qui se plaide différemment. La première question à trancher avec un professionnel est donc simple : de quel droit protégé disposez-vous, et est-il vraiment copié ? De la réponse dépend toute la suite.
Les étapes d’une action en contrefaçon
Une action ne commence pas au tribunal, elle commence par la preuve. C’est l’étape décisive, et souvent la plus négligée : sans preuve solide et datée de la contrefaçon, votre dossier est fragile.
- La preuve Un constat par commissaire de justice, ou une saisie-contrefaçon autorisée par le juge pour saisir les preuves chez le contrefacteur avant qu’elles ne disparaissent.
- La mise en demeure Un courrier formel sommant l’auteur de cesser et, le cas échéant, d’indemniser. Elle règle une bonne partie des cas sans aller plus loin.
- L’action en justice Devant le tribunal compétent, quand l’amiable échoue ou que l’atteinte est grave.
Une capture d’écran ne suffit pas toujours : c’est pourquoi on fait constater l’atteinte, puis on gradue la réponse. Cette gradation n’est pas qu’une formalité : chaque étape franchie augmente le coût, et c’est pourquoi on ne saute pas directement au procès.
Quand une mise en demeure suffit, et quand il faut agir
Toute copie ne mérite pas une bataille judiciaire. Une atteinte mineure et isolée — un revendeur qui a repris une photo, une petite annonce qui utilise votre visuel — se règle souvent par une mise en demeure, ou même par un simple signalement à la plateforme qui héberge le contenu, gratuit et rapide. Inutile de mobiliser une procédure lourde pour faire retirer une image.
Le temps qui joue contre vous
Le calcul change quand l’atteinte devient significative : un concurrent qui écoule des copies de votre produit, une contrefaçon qui vous fait perdre des ventes, une récidive. Là, l’action se justifie — et ne rien faire fragilise vos droits pour l’avenir. Attention au temps : la prescription en matière civile est généralement de cinq ans, et les preuves s’effacent vite. Tarder, c’est risquer de ne plus pouvoir agir.
Le bon réflexe : commencer par le moins coûteux qui peut marcher, et n’escalader que si l’enjeu et la résistance de l’adversaire le commandent. Pour une atteinte isolée, la voie amiable épuise souvent le problème ; pour une contrefaçon installée, elle n’est qu’une première étape avant le tribunal.
Combien coûte une action en contrefaçon
Le coût d’une action, ce ne sont pas seulement les honoraires de l’avocat. C’est le poste que l’on oublie : la preuve elle-même se paie. Un constat par commissaire de justice, une saisie-contrefaçon autorisée par le juge, parfois une expertise technique pour établir la copie d’un brevet : autant de frais qui s’ajoutent, avant même de plaider.
Le vrai prix
300 € à plusieurs milliers de la mise en demeure au procès
- Mise en demeure rédigée par un avocat300 à 900 €
- Constat de commissaire de justice200 à 800 €
- Saisie-contrefaçon1 500 à 5 000 €
- Procédure complète, honoraires + preuveplusieurs milliers €
Honoraires libres, ordres de grandeur France 2026 — à confirmer sur devis
Retenez l’ordre de grandeur, pas un barème. Une mise en demeure rédigée par un avocat se compte souvent en quelques centaines d’euros ; un constat de commissaire de justice, dans le même ordre. Dès qu’on passe à la saisie-contrefaçon et à une procédure complète, honoraires et frais de preuve cumulés se chiffrent plus volontiers en milliers d’euros, avec des délais de plusieurs mois à plusieurs années selon la complexité. Certains frais peuvent être mis à la charge du contrefacteur si vous gagnez, mais rien n’est garanti d’avance : demandez à l’avocat une estimation chiffrée du coût total, preuve comprise, et de vos chances.
Confier le dossier à un spécialiste
La propriété intellectuelle est une matière technique, où une preuve mal constituée ou une procédure mal engagée peut faire perdre un dossier pourtant solide sur le fond. C’est précisément là qu’un avocat spécialisé fait la différence : il sécurise la preuve, choisit la bonne voie — amiable ou judiciaire — et évalue vos chances avant que vous n’engagiez des frais. Face à une contrefaçon qui pèse vraiment, contacter un avocat spécialiste en contrefaçon vous évite les faux pas qui coûtent le procès. Pour les situations plus générales, savoir simplement quand un problème justifie un avocat est un préalable utile, que nous traitons à part.
Les questions que se posent les dirigeants
Qu’est-ce qu’une action en contrefaçon ?
La démarche par laquelle le titulaire d’un droit de propriété intellectuelle — marque, brevet, dessin, droit d’auteur — fait cesser et sanctionner sa copie. Elle passe par la preuve de l’atteinte, souvent une mise en demeure, puis, si besoin, une action devant le tribunal compétent.
Quand faut-il agir contre une contrefaçon ?
Dès que l’atteinte est significative — copies qui vous font perdre des ventes, récidive — et sans trop attendre, car les preuves s’effacent et la prescription civile est généralement de cinq ans. Une atteinte mineure et isolée peut souvent se régler par une mise en demeure ou un signalement.
Combien coûte une action en contrefaçon ?
Plus que les seuls honoraires : la preuve (constat, saisie-contrefaçon, expertise) est un poste à part entière. Une mise en demeure reste en quelques centaines d’euros ; une procédure complète se chiffre en milliers, sur plusieurs mois à plusieurs années. Demandez une estimation chiffrée au préalable.
Mise en demeure ou procès ?
Commencez par le moins coûteux qui peut fonctionner. Pour une atteinte isolée, une mise en demeure ou un signalement de plateforme suffit souvent. Le procès se réserve aux atteintes graves, récidivantes ou lorsque l’amiable a échoué.
Ce qu’il faut trancher
Avant d’agir, répondez à trois questions dans l’ordre. Détenez-vous un droit protégé réellement copié — ou est-ce plutôt de la concurrence déloyale ? L’atteinte est-elle assez sérieuse pour justifier plus qu’une mise en demeure ? Et combien coûtera l’action, preuve comprise, au regard de ce que vous pouvez récupérer ? Agir contre une contrefaçon n’est ni un réflexe systématique ni une dépense à s’interdire : c’est une décision qui se prend au vu de l’enjeu réel, de la solidité de la preuve, et du temps qui court contre vous.